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MISSION IMPOSSIBLE A ABIDJAN
Marc et moi avons décidé de faire prendre un marlin à Francis
C’est le samedi 1°décembre que nous sommes arrivés à Abidjan Marc et moi avec la difficile mission de faire prendre un marlin à Francis, qui depuis plus de 15 ans dans toutes les mers du monde aligne touches, casses et décrochés sans jamais conclure un combat.
Arrivés à 19 h avec le vol quotidien d’air France, nous sommes accueillis par Christian qui nous amène à notre hôtel à une dizaine de minutes de l’aéroport. Après notre installation nous choisissons un restaurant dans le secteur (Choix compliqué car il y en a de très nombreux) et nous allons profiter du repas pour mettre au point notre semaine de pêche et nous informer sur les dernières sorties qui ont été faites. Comme la zone de pêche est assez éloignée (30 miles) nous décidons si la mer le permet de faire un essai au jig à mi-chemin ; Christian connaît quelques rochers ou les sérioles et les courbines sont généralement présentes.
Après une bonne nuit de repos et un bon petit déjeuner nous sommes récupérés par Christian et direction la marina ( 5 mn en voiture).
Le Paulodie est là avec le matelot Bema, tout est en place et à 7 h 30 départ pour cette première journée. Après quarante minutes de navigation dans une mer plate, nous arrivons sur les spots pour le jig, les cannes ont été préparées pendant la route (Cannes Shimano , moulinets Stella 20 000 et tresse de 80 lbs), quelques tours au ralenti sur les roches qui sont 80 m de fond, pour voir ou sont les bancs de poissons et estimer la dérive et le courant.
C’est Christian le skipper qui nous donne le top pour envoyer nos jigs ( Les Benthos de 300/350 gr marchent très bien ici ) deux ou trois descentes et Marc accroche le premier poisson, une sériole d’une quinzaine de kilos qu’il ramène sans problème, presque au même moment un départ puissant me bloque contre le plat bord et malgré les 10 kg de frein la tresse sort rapidement, je finis par contrôler mais aussitôt nouveau départ et là plus rien, casse, je remonte et je récupère un bas de ligne râpé sur plus de trois mètres, je viens surement de perdre un très gros mérou et vu le départ et l’état du bas de ligne j’imagine la taille. Au bout d’une demi heure de jig, nous avons déjà 2 sérioles de 15 à 20 kg et une courbine de même taille, chacun à pris son poisson et nous décidons de partir chercher les marlins. Une demi heure de navigation plus tard, nous arrivons à proximité des plates formes pétrolières, elles sont nombreuses et n’ont pas la même faune autour, cela vient de leur situation, elles s’échelonnent sur des fonds de 80 à 1500 m et pour les marlins et les thons, le « Baobab » qui est le plus éloigné est la meilleure.
A deux miles de la plate forme, les cannes sont mises en place (ensembles Penn inter de 80 lbs) avec des teaseurs ; après un réglage précis effectué par Christian, nous commençons notre recherche, les chasses de thons sont peu nombreuses alors que certains jours la mer bouillonne sur des centaines de mètres, mais cela ne veut rien dire et nous continuons notre recherche ; ce n’est qu’à treize heure que la première belle attaque à lieu, le marlin suit un instant le teaseur, le rate une première fois, disparait un instant pour ressortir en travers et se saisir d’un Williamson (advocate bleu et rose ). C’est un beau poisson, nous avons bien vu la moitié du corps à l’attaque, le moulinet se dévide grand train et Francis s’installe à la canne, le début est un peu difficile le stress, la peur de le perdre et la soudaineté de l’attaque paralysent un peu Francis, mais cela s’arrange rapidement et au bout de 35 mn de combat émaillé de conseils plus ou moins appuyés de Christian, le bas de ligne est à portée de main. Béma le saisit et aide Francis à le rentrer sur le moulinet et bientôt le marlin est maitrisé et nage contre le bateau, c’est un beau poisson, dans les 450 lbs il est en pleine forme et nous pouvons lui enlever les hameçons et le marquer avec un tag de la Billfish Foundation, Bema le maintient pendant que le bateau continue d’avancer afin de l’oxygéner et lui donner le temps de récupérer ; Francis en profite pour le caresser et faire quelques photos, le marlin reprend des couleurs et nous le relâchons. Francis sous le coup de l’émotion est assis sur le plat bord et nous dit « Enfin, j’en ai eu un ! Depuis le temps !). Tout le monde à bord est content pour Francis, à peine 4 heures de pêche et la mission que nous nous étions fixées est remplie. Nous aurons une autre touche quelques instants plus tard mais le marlin après avoir détangonné ne s’accroche pas ; à 17 h nous rentrons à la marina avec le drapeau de marquage en haut des tangons.
Le lendemain même scénario départ à 7h 30 et petit arrêt à mi chemin pour un peu de jig, au bout d’une demi heure se sont 4 sérioles de 12 à 15 kg qui sont prises, mais Francis c’est encore distingué, il a pris 2 sérioles sur le même jig, certes pas très grosses 8 à 10 kg chacune, mais cela nous prouve la grande densité de poissons sur ces roches.
En arrivant près du « Baobab » contrairement à la journée d’hier il y a beaucoup d’activité en surface et avec Christian nous décidons de pêcher au vif avec un thon monté en catalina.
Les petites cannes de 30 lbs sont mises en place avec des Rapalas, à peine 5 mn et au milieu d’une chasse les 2 cannes partent simultanément, pas de chance se sont 2 whaoos qui sont pris, on remet à l’eau quelques instants et un nouveau départ, cette fois c’est un thon, la deuxième canne part aussi, deuxième thon, nous sommes parés, Christian et Bema montent le premier pendant que je tiens l’autre en laisse autour du bateau. Le premier thon est mis à l’eau moteur au ralenti à deux nœuds, je ramène le thon en laisse pour que Christian et Bema le montent et nous le mettons à l’eau ; c’est à ce moment que nous voyons le premier thon complètement affolé à la surface, il y a quelque chose derrière, Christian cri « il est derrière tout bleu » et effectivement 5 à 6 mètres derrière le thon on aperçoit la masse du marlin, bleu électrique comme éclairé par un néon, il est très excité, première attaque il rate le thon, disparait un instant pour mieux réapparaitre et cette fois le thon est attrapé, la ligne détangonne, le bateau est arrêté et le fil se déroule librement ; Marc qui est le pêcheur aujourd’hui s’installe sur le siège et au signal de Christian monte son frein très progressivement sans ferrer car nous pêchons avec des circle hook et avec ce type d’hameçon et de montage « Ferrage = décrochage », la ligne se tend et commence à remonter vers la surface , à une cinquantaine de mètres le marlin sort de l’eau et exécute une série de sauts pour se débarrasser de ce thon qu’il ne peut plus avaler. Il est un peu plus petit qu’hier, 350 lbs mais nous gratifie d’une deuxième série de sauts très spectaculaires, Marc qui à déjà pêché de nombreux marlins le maitrise en 12 minutes et comme hier une fois rangé le long du bateau il sera marqué, photographié et relâché après une petite séance de réanimation. Nous aurons 4 autres touches et tous les trois nous prendrons chacun notre marlin, le plus gros sera estimé à 500 lbs et c’est moi qui aurais la chance de le combattre, 20 mn après il sera marqué et relâché. Le soir quand nous rentrons à la marina ce sont 3 drapeaux qui flottent au tangon.
Toute la semaine nous avons vécu à peu près le même scénario, alternant les pêches au jig, au marlin avec des teaseurs ou des thons vifs, pêche au lancer avec des popers dans les chasses de thons ou petite traîne en 30 lbs pour les whaoos , thons, coryphènes …etc.
Au total nous pêcherons 8 jours et aurons 19 touches de marlin, 10 seront marqués et relâchés (1 de 900 lbs, 1 de 700 lbs, 2 de 600 lbs, et les autres entre 300 et 400 lbs), 12 sérioles et 2 courbines au jig et de nombreux thons, wahoos et coryphènes. Très bon séjour de pêche avec une mer superbe toute la semaine, nous sommes heureux d’avoir pu relever le challenge que nous nous étions fixés à savoir faire pêcher un marlin à Francis, c’est chose faite car il en a maintenant 4 à son actif dont celui de 900 lbs qui lui a valu de rester 2 heures 15 dans le fauteuil de combat.
Un grand merci à l’équipage Christian et bema qui ont tout fait pour nous aider dans notre « mission impossible »
Jean Paul BONNIN
Mandelieu

22/09/2008
Espadon Passion